DIALOGUE DE FILM #5 Ascenseur pour l’Échafaud

September 4, 2019 | written by: Léa Tirard-Hersant

Voici le cinquième article de notre série “dialogue de film”, qui présente un film français, ainsi qu’une transcription d’un dialogue marquant du film. Il peut servir de support pour un exercice de lecture avec un professeur.

DIALOGUE

Les Amants Tragiques

Louis: “Je suis flambé.”

Véronique: “Écoute, Louis. Tu as eu peur. Tu diras que tu as eu peur.”

Louis: “J’ai pas eu peur, mais il s’avançait.”

Véronique: “S’il n’y avait pas eu ce revolver… C’est dangereux. Tu crois qu’ils sont morts, tous les deux ? La chirurgie fait des miracles. On opère même le coeur.”

Louis: “Moi, ce sera la tête.”

Véronique: “Tais-toi. Il nous reste quelques heures de bon. Après…Qu’est-ce qu’on va faire de nous? On va nous séparer? Toi, tu seras chez les hommes, moi, chez les femmes. Je ne veux pas, Louis ! On ne sera plus ensemble qu’à la une des journaux.”

Louis: “Ceux qui liront l’article, ils comprendront.”

Véronique: “Qu’est-ce qu’ils comprendront ?”

Louis: “Tout.”

Véronique: “On ne te coupera pas la tête.”

Louis: “J’ai l’âge.”

Véronique: “Je leur interdirai de te faire du mal. Ne nous quittons plus.”

Louis: “Si on avait de l’argent, on irait en Amérique du Sud.”

Véronique: “Notre photo en première page… Les amants tragiques…”

Louis: “Toi, tu t’en tireras. Tu n’as rien fait. Moi demain, ma vie s’arrête.”

Véronique: “Je resterai avec toi.”

Louis: “Penses-tu ! Tu connais pas la police.”

Véronique: “Non, Louis. Nous serons plus forts qu’eux. Nous mourrons ensemble.”

Louis: “Quand ?”

Véronique: “Tout de suite. J’ai ce qu’il faut. Tu verras, on ne sent rien. On s’endort tout de suite. Tu sais, plus tard, on parlera de nous. On nous citera en exemple.”

Florence attend Julien

Bonus: MONOLOGUE de Florence

Florence : “Ils ont changé leur vitrine. Ils ne font pas de souliers pour prisonniers… Si Julien se fait prendre, je serai avec lui. Avant lui… J’ai tout prévu, tout décidé. C’est moi qui lui ai donné le révolver. C’est moi qui ai fourni la victime. Il n’a fait qu’appuyer un petit peu avec le doigt. Tout ces gens qui vont au cinéma chercher des aventures… Ils en sortent comme du restaurant, le ventre gonflé, les yeux rouges.
Le coup était bien préparé. Il devait réussir. Il a réussi. Je t’ai perdu dans cette nuit, Julien. Il fallait te laisser tranquille, ne pas t’embrasser, ne pas caresser ton visage [elle s’éloigne du miroir]. Si tu n’as pas tué Simon, tant pis. Si tu as eu peur, tant mieux. Mais il faut que tu reviennes. Il faut que tu sois là, vivant, à côté de moi. Julien… Il faut, il faut, il faut…”

Le Film

L’Histoire

Florence et Julien sont amants. Ils envisagent de tuer le mari de Florence, Simon Carala, un riche industriel qui est également le patron de Julien. Un samedi soir, Julien monte avec une corde dans les bureaux de la société et tire sur Carala. Il arrange la scène pour faire croire à un suicide et il retourne vers voiture. Mais il a oublié sa corde. Il le moteur de la voiture en marche et il se précipite et saute dans l’ascenseur. Au même moment, le gardien de l’immeuble coupe l’électricité. Julien est coincé dans l’ascenseur. Florence attend Julien et se ronge d’angoisse…

Un film des années 60’s

Ascenseur pour l’Echafaud est un film Français réalisé en 1958 par Louis Malle. Il réunit Jeanne Moreau et Maurice Ronet et est tourné en noir et blanc en extérieur dans Paris avec la plupart des scènes de nuit. C’est le premier film de LOUIS MALLE alors âgé de 24 ans. Miles David a laissé son empreinte sur l’atmosphère musicale du film, qui a été couronné du Prix Louis-Delluc et du Grand prix du Disque de L’Académie Charles Cros pour sa bande originale.

L’Histoire

C’est l’histoire de Julien et Florence, deux jeunes amants décidés à commettre un meurtre. Ils veulent assassiner Simon, qui est à la fois mari de Florence et employeur de Julien.

Julien tue son patron dans son propre bureau, mais il se trouve coincé dans l’ascenseur de l’immeuble. Florence l’attend, marchant dans la nuit à travers Paris et se torturant l’esprit pour comprendre l’absence de Julien qui est toujours bloqué dans l’ascenseur. La nuit est glaçante et la lumière des phares de voitures et des bars est soulignée par la musique lancinante de Miles Davis accompagnent l’errance de Florence dans Paris.

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